
1 000 000 de pesetas pour construire la Sagrada Familia
C’est le montant du don anonyme que l’Association Josephine, promotrice de la construction du Temple expiatoire de la Sainte Famille, a reçu peu après le début des travaux. C’était une somme colossale à l’époque, et ce montant considérable a changé le cours du projet.
Si aujourd’hui, en convertissant un million de pesetas en euros, 6 000 € ne nous semblent pas tant que ça, en 1882, c’était une somme tout à fait exorbitante, suffisante pour abandonner le projet présenté par Francisco de Paula del Villar, dont il ne reste aujourd’hui que la crypte de la Sagrada Família.

43 ans, toute une vie
Antoni Gaudí a consacré toute sa vie à la construction de la Sagrada Família. Il a passé 43 ans à travailler sur un projet dont il savait qu’il ne verrait pas l’achèvement.
Parallèlement, il a développé le reste de ses projets et s’est épanoui en tant que personne et en tant qu’architecte. Le résultat de cette évolution est son chef-d’œuvre.

172,5 m d’alçada
C’est la hauteur maximale de la Tour du Christ, la plus haute des 18 qui doivent couronner la basilique de la Sagrada Familia.
Elle devient ainsi le bâtiment le plus haut de la ville et également la plus haute église gothique du monde, dépassant de près de 11 mètres la tour de la cathédrale d’Ulm, en Allemagne, qui, avec ses 161,53 mètres, détenait ce record depuis la fin du XIXe siècle.

18 tours
Antoni Gaudí avait prévu la construction de 18 tours à la Sagrada Família. Pourtant, il n’en a vu qu’une seule s’achever, celle de Saint-Barnabé, sur la façade de la Nativité.
Parmi ces tours, seules celles situées sur les trois façades et dédiées aux 12 apôtres seront des clochers. À l’intérieur, elles abriteront des cloches tubulaires qu’il a lui-même conçues.
Les 6 autres sont des tours-lanterne qui laissent pénétrer la lumière zénithale à l’intérieur de la basilique, comme la lumière du soleil traverse le feuillage des arbres dans une forêt.
Ces coupoles sont dédiées aux 4 évangélistes, à la Vierge Marie et, la centrale et la plus haute, au Christ.

33, l’âge du Christ
S’il y a un élément qui attire l’attention sur la façade de la Passion de la Sagrada Família, c’est le carré rempli de chiffres situé à gauche de la porte d’entrée centrale.
La surprise s’accroît lorsque, spontanément ou non, on commence à faire des combinaisons avec ces chiffres. La somme de quatre d’entre eux, dans n’importe quelle direction, donne toujours 33, l’âge qu’avait le Christ à sa mort.
Ce cryptogramme est l’un des éléments les plus curieux et les plus symboliques de l’œuvre sculpturale que Josep Maria Subirachs a réalisée pour décorer la façade de la Passion conçue par Antoni Gaudí.

9 h du matin
C’est l’heure du début de la messe internationale qui est célébrée chaque dimanche à la basilique de la Sagrada Família.
Il s’agit d’une messe en libre accès, bien que la capacité d’accueil soit limitée ; il ne faut donc pas arriver à la dernière minute si l’on souhaite pouvoir entrer. Les portes ouvrent à 8 h du matin et la seule condition est de passer le contrôle de sécurité à l’entrée.
La messe est célébrée en catalan, en espagnol, en anglais et en français, et elle est souvent concélébrée par des prêtres parlant d’autres langues, ce qui en fait une véritable mosaïque de la diversité des cultures et des langues que rassemble la basilique.

15 000 personnes par jour
La Sagrada Família est devenue ces dernières années la grande icône de Barcelone et l’un des monuments les plus visités d’Espagne.
Pendant une grande partie de l’année, la basilique accueille environ 15 000 visiteurs par jour. Ce chiffre a grandement contribué à accélérer le rythme de la construction. Ainsi, leurs contributions, tant au moment de l’entrée que pour toute dépense effectuée à l’intérieur, constituent près de 90 % des fonds alloués chaque année à la construction et à la gestion du bâtiment.

1926
Le 10 juin 1926, Antoni Gaudí décédait. La ville de Barcelone se remplissait du monde venu pour lui faire ses derniers adieux au passage du cortège funèbre qui le conduisait de l’hôpital de la Santa Cruz à la crypte de la Sagrada Família, où il est enterré.
Deux jours plus tôt, il était arrivé à ce même hôpital, dans l’anonymat le plus total, après que quelqu’un eut pris en pitié ce pauvre sans-abri qui était tombé à terre, renversé par un tramway, au cœur de l’Eixample de Barcelone. Antoni Gaudí effectuait chaque jour le même trajet à la fin de son travail sur le temple : il marchait jusqu’à l’oratoire de Sant Felip Neri pour y réciter le Rosaire.

2026
Cent ans se sont écoulés depuis cette année 1926. Après la mort du maître, la guerre civile éclata. Une fois l’après-guerre passée, des doutes surgirent quant à l’opportunité de poursuivre le projet ou de l’abandonner. Une fois la décision prise de continuer, les polémiques commencèrent, souvent par ignorance, sur ce que Gaudí aurait fait ou non.
Et, ainsi, petit à petit, la Sagrada Família continue d’avancer, d’un pas assuré, vers l’achèvement de sa construction, démontrant que la vision d’avenir d’Antoni Gaudí n’était pas une folie, mais un véritable génialité.

1997, près de 30 ans à expliquer la Sagrada Família
C’est en 1997 que nous avons commencé à faire découvrir la Sagrada Família. Nous le faisions depuis l’extérieur, car, en réalité, il n’y avait pas d’« intérieur » où raconter l’histoire. Nous mettions à profit notre passion et beaucoup, beaucoup d’imagination pour comprendre et transmettre tous ces concepts qu’un Jordi Bonet passionné nous transmettait lors des formations de guides auxquelles nous assistions : paraboloïdes hyperboliques, hyperboloïdes paraboliques, arcs caténaires… Tout se mélangeait dans notre tête, jusqu’à ce que, graduellement, tout a commencé à prendre sens.
Depuis lors, nous l’avons vue grandir jour après jour et nous sommes fiers et émus de voir à quel point le #rêvedegaudí est de plus en plus près de se réaliser.


